acabit


acabit

acabit [ akabi ] n. m.
XVe « événement malheureux, accident »; var. acabie n. f. « sorte, espèce » jusqu'à la fin du XVIIe; o. i., p.-ê. de l'anc. provenç. acabir, au p. p. acabit, acabat « achevé »
1Vx Manière d'être (dans des loc. : de quel acabit; de bon acabit).
2Loc. mod. (souvent péj.) De cet acabit; de, du même acabit : de cette, de même nature (cf. De la même farine). « En braves gens de même acabit » (Proust).

acabit nom masculin (ancien provençal cabir, employer) Familier et péjoratif. De cet acabit, du même acabit, de cette espèce, du même genre. ● acabit (difficultés) nom masculin (ancien provençal cabir, employer) Orthographe et prononciation [&ph85;&ph95;&ph85;&ph86;&ph93;], avec un seul c et avec un t final qui ne se prononce pas, comme dans habit. ● acabit (expressions) nom masculin (ancien provençal cabir, employer) Familier et péjoratif. De cet acabit, du même acabit, de cette espèce, du même genre.

acabit
n. m. Péjor. Loc. De cet acabit, du même acabit: de ce genre, du même genre. Faussaires, escrocs et autres malfaiteurs du même acabit.

⇒ACABIT, subst. masc.
Qualité (bonne ou mauvaise) des êtres et des choses.
A.— Fam., vieilli. Qualité bonne ou mauvaise.
1. [En parlant d'une pers.] :
1. ... Tous ceux, aux yeux desquels un diplôme, un habit De l'homme en un instant peut changer l'acabit.
A. POMMIER, Crâneries et dettes de cœur, 1842, p. 43.
2. Déguisé en maçon, et mêlé aux travailleurs, qu'il dérangeait fort, il avait joué au manœuvre durant quelques heures, à deux ou trois reprises, non sans se faire photographier en cet acabit :montrant sur la photo le masque, vieilli de quinze ans, d'un homme d'un certain âge, épuisé par un effort physique intempestif et au-dessus de ses forces.
H. DE MONTHERLANT, Les Célibataires, 1934, p. 880.
Rem. À noter que dans cet ex. acabit se rapproche du sens de accoutrement (hapax d'aut.).
2. [En parlant d'une chose] ,,Qualité bonne ou mauvaise d'une chose, et en particulier des fruits et des légumes. Des poires de bon acabit, des navets d'un mauvais acabit. On le dit quelquefois des viandes et des étoffes.`` (BESCH. 1845) :
3. Ne dites pas : Ces poires sont d'une bonne acabit. Dites : Elles sont d'un bon acabit.
Les Omnibus du langage, 1835.
Arg. Acabit de la bête :
4. Acabit de la bête, s. m. Bonne ou mauvaise qualité d'une chose ou d'une personne. Argot du peuple.
A. DELVAU, Dict. de la langue verte, 1866, p. 3.
B.— [Dans la constr. de + adj. + acabit] Fam., le plus souvent péj. Qualité, sorte :
5. Parfois, devant le lavabo, quand les classes fonctionnent, je baise un petit museau mâchuré, qui comprend bien que je ne suis pas d'un acabit raffiné.
L. FRAPIÉ, La Maternelle, 1904, p. 245.
6. Si je suis l'amant d'une femme du dernier acabit, d'une traînée de ruisseau, où est l'unité de style dans les « scènes » que nous pouvons voir ensemble? Cette femme y est ce qu'elle est, et moi ce que je suis, qui sont sans proportion.
H. DE MONTHERLANT, Notes de théâtre, 1954, p. 1075.
Rem. Dans l'ex. 5 la postposition de l'adj. (peut-être due à des considérations d'euphonie) représente dans une certaine mes. une rareté.
C.— Loc. De + adj. + acabit; de + déterm. + acabit. [En parlant d'une pers., rarement d'une qualité hum. ou d'une chose]
De (d'un) bon acabit :
7. Il est d'un bon acabit, se dit ironiquement d'une personne qui fait quelque proposition ridicule, et équivaut à : il ne se moque pas mal de moi.
J.-F. ROLLAND, Dict. du mauvais langage, 1813, p. 3.
8. Acabit, s. m. En langage vendômois ce mot ne s'emploie qu'en parlant des personnes, avec le sens de bonne santé, tempérament robuste, appétit. — Cet enfant est de bon acabit, rien ne lui fait mal.
P. MARTELLIÈRE, Glossaire du Vendômois, 1893, p. 4.
D'un meilleur (pire) acabit :
9. Si cette chaude moricaude était trépassée depuis des siècles, il y avait aujourd'hui quelque part une pâlotte non moins ardente, et marquise par-dessus le marché, qui n'était pas d'un meilleur acabit!...
L. CLADEL, Ompdrailles, 1879, p. 165.
10. ...il a une sœur et deux frères plus jeunes et de pire acabit :rabougris, affamés, hagards.
L. FRAPIÉ, La Maternelle, 1904, p. 89.
De son (mon) acabit :
11. Mordante à l'excès, elle avait peu d'amies. Elle imposait beaucoup, car elle s'était entourée de quelques vieilles dévotes de son acabit, qui la soutenaient à charge de revanche.
H. DE BALZAC, Le Cousin Pons, 1848, p. 33.
12. ... pour s'atteler spontanément à la chose publique il faut une dose d'illusion, d'inexpérience ou d'ambition dont les gens de mon acabit ne sont plus guère capables.
H.-F. AMIEL, Journal intime, 3 déc. 1866, p. 533.
13. Deux heures plus tard, je le revis devant la gare Saint-Lazare, ce jeune homme que j'avais remarqué sur la plate-forme d'un autobus de la ligne S, ce jour même, vers midi. Il était avec un compagnon de son acabit qui lui donnait un conseil relatif à certain bouton de son pardessus.
R. QUENEAU, Exercices de style, 1947, p. 53.
De cet acabit :
14. Si l'heure du berger sonne jamais pour quelqu'un, ce doit être par une matinée de cet acabit-là.
O. FEUILLET, Scènes et comédies, 1854, p. 250.
15. La vulgarité irrémédiable se reconnaît particulièrement dans les rapports avec les femmes, et dans le sans-gêne de l'intimité. Les gens de cet acabit ont beau avoir du mérite et de la capacité. Ils ne se doutent pas de ce qui les rend impossibles parmi les personnes de bon ton et de vrai savoir-vivre.
H.-F. AMIEL, Journal intime, 17 mars 1866, p. 190.
16. Ce jeune Barrès est moins excentrique de mise que le directeur de ta revue, mais il y écrit. Il en est digne, celui qui a signé les taches d'encre. Tu ne collectionnes que des turpitudes de cet acabit, et tu fais relier ça en papier japonais!
J.-E. BLANCHE, Mes modèles, 1928, p. 11.
17. Cet homme qui, depuis des heures, démontrait à satiété qu'il « n'était pas un homme » (selon le langage des Méridionaux et des Arabes; et le mot est bien beau) retrouvait assez de fierté pour souffrir de voir un individu, fût-il de cet acabit-là, se laisser insulter sans répondre.
H. DE MONTHERLANT, Les Célibataires, 1934, p. 846.
De (du) même acabit; d'un autre acabit :
18. Mon fils et ses brillants amis de même acabit ont du cœur, de la fidélité pour cent mille; s'il fallait se battre, ils périraient sur les marches du trône, ils savent tout... excepté ce dont on a besoin dans le moment.
STENDHAL, Le Rouge et le noir t. 2, 1830, p. 371.
19. Notre aimable pantin [« le lion »] marche avec arrogance, Se croyant plus que nous et d'un autre acabit, Parce que son tailleur coupe bien un habit.
A. POMMIER, Colifichets; jeux de rimes avec les sonnets sur le salon de 1851, 1860, p. 124.
20. « Comment se fait-il, disait tout en marchant Sigognac à Isabelle, que vous qui avez toutes les façons d'une demoiselle de haut lignage par la modestie de votre conduite, la sagesse de vos paroles et le bon choix des termes, vous soyez ainsi attachée à cette troupe errante de comédiens, braves gens, sans doute, mais non de même race et acabit que vous?
T. GAUTIER, Le Capitaine Fracasse, 1863, p. 137.
21. Eh bien, ce morveux prétentieux, je l'ai revu, deux heures plus tard, devant la cour de Rome. Il était en compagnie d'un autre zazou du même acabit, lequel lui donnait des conseils sur sa mise.
R. QUENEAU, Exercices de style, 1947, p. 131.
22. ... des couples se levaient, à peu près tous du même acabit, en tout cas tous également lourds et démodés, et ils se mettaient à danser...
B. CENDRARS, Bourlinguer, 1948, p. 261.
De tous (les) acabits; de tout acabit :
23. On vit la vaisselle, depuis l'écuelle, les pots et les casseroles de tout acabit jusqu'aux vastes terrines avec ou sans bec, le tout de terre grise de Samadet,...
J. DE PESQUIDOUX, Le Livre de raison, t. 2, 1928, p. 159.
24. Ce n'est pas que je donne dans le poncif de tenir pour sacré le mot mère. Il y a des femmes de tout acabit; or, la majorité des femmes sont mères; il y a donc des mères de tout acabit. Seulement, moi, j'ai eu une mère très bien. Donner à cette étrangère le nom que je lui donnais, je ne le veux pas et je ne le peux pas : ça ne sortirait pas.
H. DE MONTHERLANT, Les Lépreuses, 1939, p. 1415.
25. ... Des messieurs comme auparavant on ne s'en faisait pas idée
Monstres de tous les acabits sur les bus les bancs les trottoirs...
L. ARAGON, Le Roman inachevé, 1956, p. 100.
Rem. De tout acabit constitue une var. expr. de de tout genre. L'emploi au plur. est rare.
Stylistique — Les emplois A et B, vieillis ou arg., ont une vitalité extrêmement faible. D'un bon acabit est un emploi dial. (ex. 8) ou arg. et iron. (ex. 7) peu usité. Le peu de vitalité que possède acabit est donc limité à son emploi dans des constr. figées (C : de + adj. + acabit). Acabit appartient alors au lang. fam. Indiquant, plus que genre ou même sorte, une certaine méfiance ou un certain mépris, il a le plus souvent une coloration dépréc., éventuellement renforcée par le cont. immédiat (cf. l'adj. pire ex. 10), ou par des éléments répartis sur l'ensemble de la phrase (cf. ex. 11, 13, 15, 17, 18, 21, 22). Cependant le mot acabit, à lui seul, suffit le cas échéant à traduire cette nuance (cf. ex. 12). Parmi les 3 loc. figées : du même acabit, d'un autre acabit, de tout acabit, qui toutes trois sont fam., seule la 3e est orientée vers un usage nettement péj., les 2 autres prenant dans leur cont. une valeur styl. moins marquée.
Prononc. ET ORTH. :[akabi]. — Rem. À propos de la forme acabie, au XVIIe s. (cf. étymol. et les différentes éd. de Trév.), LITTRÉ précise : ,,Le féminin n'est plus usité``. DG la mentionne encore en vedette : ,,acabie s.f. (vieilli), et acabit s.m.`` Enq. : /akabi/.
Étymol. ET HIST. — 1. XVe s. acabit « événement malheureux, accident », attest. isolée (Dialogue de Malepaye et Baillevent ds JACOB, Poésie, attribuée à Villon ds GDF. Compl. : Se en cest malheur et labit Nous mourions par quelque acabit Ame n'y a qui bien nous fasse); 2. 1650 id. « qualité d'une marchandise » (MÉN. 1650, s.v. acheter, p. 12 : Le Peuple de Paris dit encore aujourd'huy estoffe de bon acabit, pour dire une bonne estoffe, une estoffe de bon achapt); dans les dict., s'applique spéc. aux légumes et fruits, surtout poires; qualifié de vieilli par Ac. 1878; 3. « sorte, espèce » (d'une pers.) : a) acabie, subst. fém., 1690 (BOURSAULT, Esope à la ville, IV, 3 ds LITTRÉ : Et de quelle acabie était-il conseiller? Était-ce en robe longue, en robe courte, en botte?). — XVIIIe s.; b) acabit, subst. masc. 1697 (Enterrement du dict. de l'Académie qui, selon BRUNOT t. 6, p. 588, condamne l'expr. : un auteur de cet acabit), s'applique également, à partir du XIXe s., à des inanimés.
Orig. obsc. 2 hyp. ont été formulées qui, pour des raisons phonét., font appel à un intermédiaire prov. acabit, part. passé substantivé : 1. DAUZAT 1968 et BL.-W.5 déduisent le mot respectivement de l'a. prov. acabir et cabir < lat. capere, acabit rejoignant acheter par son étymol. lointaine (rapprochement fait par MÉN. 1694-1750); à remarquer que l'a. prov. acabir n'offre aucune accept. relevant de capere (voir FEW s.v. capere, 247 a) (K. STICHEL, op. cit. bbg. p. 24); a. prov. cabir (issu de caber, par chang. de conjug. < lat. capere) bien attesté aux sens de « contenir » (dep. ca 1194, BERANGER DE PALASOL ds RAYN. t. 1, 21, 272-273), « être contenu, demeurer » (dep. XIIe s., ibid.), fait difficulté pour expliquer le sens de acabit; TOBLER ds Arch. St. n. Spr., 83, p. 224. 2. EWFS2 déduit le mot de l'a. prov. acabir (< lat. caput; FEW s.v., 339 a), acabit rejoignant achever par son étymol. lointaine; a. prov. acabir bien attesté au sens de « mener à bonne fin, réussir » dep. XIIIe s. (Guerre de Navarre, 2952 ds K. STICHEL, op. cit., 7) fait également difficulté pour expliquer le sens de acabit. À remarquer : que acabit n'est attesté dans aucune autre lang. rom.; qu'un empr. fait au XVe s. à un prov. attesté ni à cette époque ni en prov. mod. est peu vraisemblable; que l'examen des attest. fr. ne justifie pas l'hyp. d'un empr. au prov.; qu'un hiatus chronol. et sém. sépare les deux premières attest. fr., ce qui rend douteuse leur appartenance au même étymon.
STAT. — Fréq. abs. litt. :48.
BBG. — STICHEL (K.). Beiträge zur Lexikographie des altprovenzalischen Verbums. Marburg, 1890, p. 24 (Ausgaben und Abhandlungen. 86.).

acabit [akabi] n. m.
ÉTYM. XVe, « événement malheureux, accident »; var. acabie, fém., « sorte, espèce » jusqu'à la fin du XVIIe; orig. obscure, p.-ê. de l'anc. provençal acabir, au p. p. acabit, acabat « achevé », le sens de « accident » venant de l'idée d'« achever (un blessé) », selon Guiraud. → Achever.
1 (XVIIe). Vx. Qualité, manière d'être bonne ou mauvaise (des choses — en particulier, des denrées : fruits, etc. —, des personnes). || Des poires de bon acabit.
2 Loc. mod.; souvent péj. De cet, son acabit; de, du même acabit : de cette, de même nature. Farine (de même farine). Cf. le lat. de cuisine ejusdem farinae.
1 (…) au nom de principes et de convenances (…) qu'ils invoquaient en commun avec lui, en braves gens de même acabit (…)
Proust, À la recherche du temps perdu, t. I, p. 203.
2 Il était avec un compagnon de son acabit qui lui donnait un conseil relatif à certain bouton de son pardessus.
R. Queneau, Exercices de style, p. 43.
Péj. || De tout acabit (et, rare, de tous les acabits) : de tout genre.
3 Ce n'est pas que je donne dans le poncif de tenir pour sacré le mot mère. Il y a des femmes de tout acabit; or la majorité des femmes sont mères; il y a donc des mères de tout acabit.
Montherlant, les Lépreuses, in Romans, Pl., p. 1415.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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